Francais · Memoir

La poule ou l’œuf ?

Oublier est pire que de me souvenir que ma grand-mère était entrée dans la chambre de mon père pendant la sieste alors qu’il était sur le point de me violer quand j’avais quatre ans parce que j’ai essayé d’oublier mais l’oubli n’a pas voulu rester oublié et s’est envolé avec moi et s’est encore aggravé alors que j’avais déjà traversé un océan et un continent entier et que je ne parlais pas la nouvelle langue et que je ne connaissais pas les mœurs du pays donc mon corps pouvait me rattraper avec plus d’aisance pour me paralyser jusqu’à ce que je sois presque morte, mais je ne pouvais pas mourir, ce qui me forçait à me souvenir à nouveau et à essayer d’oublier encore et encore.

The Chicken or the Egg” was published in English in The Nasiona.

Francais · Memoir

Couper les liens

Avant l’âge de trente ans, j’étais déjà morte et ressuscitée deux fois. Parce que je n’étais pas une enfant désirée, j’avais pris l’habitude de vivre au bord de la vie, là où ceux d’entre nous dont les parents n’auraient jamais dû les mettre au monde attendent de pouvoir enfin partir. Cependant, mes deux expériences de mort imminente m’avaient donné la certitude d’avoir besoin d’apprendre à vivre une vie qui en valait la peine. Afin d’augmenter mes chances de réussite, j’avais quitté l’Europe pour les États-Unis d’Amérique.

Une fois en Amérique, en sécurité car loin de mes parents, je ne savais cependant toujours pas comment procéder. Dès le début, j’ai travaillé dur pour maîtriser rapidement une nouvelle langue et un nouveau mode de vie dans l’espoir que cela me permettrait de comprendre exactement ce que j’étais venu faire dans la vie. Une fois ma mission mise en lumière et accomplie, j’espérais pouvoir retourner là où je vivais avant cette vie, dans cet endroit que je n’aurais jamais dû quitter avant de naître dans un monde où l’on ne voulait pas de moi. Mais comment faire ? Jamais je n’aurais imaginé qu’une rencontre des plus inattendues avec un monstre transgénérationnel puisse déclencher une transformation intérieure suffisamment puissante pour donner un sens authentique et pratique au reste de ma vie sur terre.

Le soir de mon trentième anniversaire, j’étais arrivée en avance à l’appartement de ma meilleure amie en espérant pouvoir commencer à célébrer avant le coucher du soleil dans mes café-concert préférés du centre-ville de San Diego. Quand je suis arrivée chez elle, cependant, sa nièce d’un an était là. La sœur de mon amie, qui avait entamé une procédure de divorce avec son mari infidèle, avait obtenu un rendez-vous de dernière minute avec son avocat, et récupèrerait sa fille dès son rendez-vous terminé.

Le bébé pâle et fatigué était allongé sur le canapé. J’avais vu une vieille photo de moi à cet âge prise à peu près au moment où ma mère quittait mon père : ce bébé et moi partagions ce même regard de malheur imminent. Nous étions piégés par une impuissance totale.

Mon amie me demanda de surveiller sa nièce pendant qu’elle allait aux toilettes pour se maquiller. Soudain seule avec la petite sans défense, j’ai senti le mal envahir ma conscience. Quel mot autre que “mal” devrais-je utiliser pour décrire ce que j’ai commencé à vivre à ce moment-là ? Jugez par vous-même. Je fus projetée dans un avenir immédiat aux images étonnamment vives. Dans cette

projection, mes mains serraient le cou de la petite et mes pouces appuyaient sur son encoche jugulaire.

Instinctivement, pour résister, je me tint fermement à une fraction de seconde derrière cette imagerie maudite, qui se mis alors à m’attaquer sans relâche et si violemment que le mal semblait venir de moi. Mon corps se figea. L’image des deux bâtons de randonnée qui m’avaient maintenue stable lors de ma randonnée de la veille vint à mon aide. Je plantai ces deux bâtons hors du mal aussi fermement que je l’avais fait la veille dans le sol de ma randonnée ardue.

J’aurais préféré mourir plutôt que de toucher à l’enfant. Par défi, je restais plantée dans la fraction de seconde qui existait entre l’imagerie vicieuse que me proposait le mal et l’observatrice de cette imagerie. Cette observatrice, c’était moi dans mes moments les plus introspectifs. C’était aussi quelqu’un dont la conscience s’inscrivait dans un espace beaucoup plus large. En ce nouvel intérieur, j’ai commencé à remonter – et non à avancer – dans le temps jusqu’à l’époque où j’avais à peu près l’âge de la nièce de ma meilleure amie, puis plus loin encore dans le temps, juste après ma conception, puis encore plus loin, mais là il faisait trop sombre pour que je puisse continuer mon mouvement dans le temps.

Dans cet espace mystérieux et faiblement éclairé, un vent froid m’aspira vers une scène épouvantable et étrangement immobile que je regardais d’environ deux mètres de distance. Je vis ma mère. Elle avait l’air plus jeune que je ne pouvais consciemment me souvenir d’elle en temps normal. C’était une très jolie femme qui serrait le cou d’un bébé. Ses pouces appuyaient sur l’encoche jugulaire.

Observer de cette façon le film de ma propre mère en train d’essayer de me tuer était infiniment plus troublant que faire l’expérience de deux morts imminentes !

Quelque chose n’allait pas du tout. Le comportement de la nièce de mon amie était également décalé : elle regardait juste au-dessus de mes yeux, pas directement vers moi. Je suivis son regard. La rencontre fut choquante. Une créature reptilienne de la taille du salon planait au-dessus de nous si près que je pouvais clairement voir ses yeux, qui me fixaient directement.

Ces yeux ressemblaient exactement aux yeux de ma mère : vicieux et vides de toute apparence de chaleur ou d’empathie quand elle voulait me tuer.

Je sentais la créature repoussante essayer de me repousser de mon propre corps. Elle me serrait tel un anaconda pour enlever ma conscience de son chemin afin que je confonde le mal avec moi-même. Cette créature maléfique voulait me

pousser à tuer la petite fille. Mais plutôt mourir ! Une envie soudaine d’exterminer l’impostrice s’empara de moi, ce qui la fit battre en retraite.

“Fous le camp !” Je criai, comme un tonnerre. “Fous le camp, ou je te tue, je te jure !”

Anticipant un coup mais ne sachant pas dans quelle direction, je levai instinctivement les épaules à la manière d’une tortue et serra mes bras contre mon torse pour protéger les parties les plus vitales de mon corps. Je commençai à élaborer une stratégie pour abattre au plus vite ce monstre intergénérationnel matrilinéaire, mais le regard de terreur absolue dans les yeux bruns de la bambine toujours allongé sur le dos sur le canapé beige me prit par surprise. Qui allait la protéger si je ne le faisais pas ?

Étendant mes bras en avant vers le dossier du canapé pour créer une tente humaine protectrice au-dessus de l’enfant minuscule, je me précipitai en avant pour la protéger avec mon propre corps. Dans ma précipitation, cependant, je renversai la lampe sur la table d’appoint près de l’accoudoir, qui s’écrasa bruyamment.

Mon amie accourut de la salle de bain. “Qu’est-ce qu’il arrive ?” demanda-t-elle, sans attendre la réponse et en se précipitant vers sa nièce, qui s’était mise à hurler. “Que s’est-il passé ?” répéta-t-elle, pressant sa nièce contre sa poitrine en lui roucoulant des mots doux tout en la berçant doucement.

Je répondis que j’avais trébuché en essayant d’attraper le biberon.

“Ça va, tous les deux ?” demanda mon amie en asseyant sa nièce sur ses genoux et en tapotant l’espace à côté d’elles pour que je m’y assoie.

“J’espère !” répondis-je en chuchotant.

La bambine, soudain silencieuse, me regardait en me fixant. Elle ne regardait plus légèrement au-dessus de moi.

« Le monstre est parti, alors ? demandai-je silencieusement, espérant que le bébé pourrait me répondre télépathiquement.

La petite me regarda d’un air inquisiteur pendant un moment, puis elle sourit timidement. Je voulais croire que le monstre était finalement parti.

Mon corps commença à trembler comme la fois où j’étais tombée par hasard sur une tanière de couguars lors d’une randonnée en solo dans l’arrière-pays autour d’Alpine. La puanteur de l’urine de gros chat et l’écorce lacérée des arbres avaient instantanément mis en relief la très forte probabilité de ma disparition imminente.

Je n’avais pas vu le couguar, mais cela ne voulait pas dire que le couguar n’était pas en train de m’observer.

J’ai commencé à pleurer des larmes de soulagement. Mon amie, cependant, était consterné. “Tu ne devrais pas pleurer le jour de ton anniversaire”, me dit-elle, plaçant la petite fille sur mes genoux. Peut-être espérait-elle que mes instincts maternels se déclencheraient et que j’oublierais d’être triste le jour de mon trentième anniversaire. La petite était, sur mes genoux, a la fois charnue et osseuse, fragile et pourtant aussi solide. Je ne savais que faire de ce poids physique et psychique placé là, sans mon consentement.

Mon amie, pensant que je m’étais blessée lorsque la lampe était tombée, a rapidement retiré l’enfant de mes genoux. Une fois assise sur les genoux de sa tante, l’enfant tendit timidement une main vers moi. Elle ressemblait tant à la victime de la très jolie femme qui serrait le cou de l’enfant en appuyant avec ses pouces sur l’encoche jugulaire. Elle me ressemblait tant quand j’avais son âge !

“Je t’aime, petit bébé !” je lui dit en chuchotant, d’une respiration était superficielle et laborieuse, “et je suis là pour toi, maintenant,” continuai-je, pleurant nerveusement en prenant sa petite main tendue vers moi.

Jamais ma mère ne m’avait jamais dit « je t’aime » dans ma langue maternelle. Les mots anglais, cependant, sortant de ma bouche, sonnaient juste et sûrs, bien qu’étrangers, alors je les ai répétés jusqu’à ce qu’un sourire s’épanouisse sur mes lèvres et sur celles de la toute petite.

Mon amie me dit que je ferai une bonne mère, un jour. Trébucher et casser une lampe de table assez près de sa nièce pour la blesser avait provoqué en moi une crise de panique, alors elle conclut que j’étais une bonne maman ours !

Plus tard dans la soirée, j’ai réfléchi à ma détermination inébranlable de tuer le monstre plutôt que le bébé vulnérable. Mon propre courage à ce moment surréel, semblait révéler à la fois ma véritable essence et la direction de mon avenir. En soufflant les trente bougies de mon gâteau d’anniversaire, je fis le vœu qui allait marquer le premier jour du reste de ma vie. J’ai juré de consacrer ma vie à couper les liens qui unissent le mal aux générations futures. Ces liens s’étendent au plus profond des parties inexplorées de nous-mêmes, donc c’est au moins le travail de toute une vie que de les couper, mais n’est-ce pas le seul travail qui vaut la peine d’être fait ?

Published in English in the Mothership — Talon Review Volume 2 issue 6.

Francais · Memoir

Sauvetages par Vengeance

This is a short memoir. In the original English version published with Tangled Locks Journal, I wrote that I was six years old when I became a victim of incest. In fact, I was not yet four.

Ceci est un court mémoire. Dans la version anglaise originale publiée chez Tangled Locks Journal, j’écrivais que j’avais six ans lorsque je fus victime d’inceste. En fait, je n’avais pas encore quatre ans.

L’inceste a une odeur particulière. La mienne, c’est celle d’un lapin écrasé. A l’âge de vingt ans, je pensais pouvoir oublier cette odeur si je déménageais en Amérique, mais non. Trente ans après mon exile, je revivais toujours la veille de mon quatrième anniversaire sur une petite route de montagne auvergnate qui se trouvait pourtant à des milliers de kilomètres des routes américaines et de la langue anglaise et de tous mes rêves de pouvoir enfin, une fois en Amérique, me libérer de ce traumatisme.

Sur les routes d’Amérique, je conduisais lentement, même lorsque les voitures klaxonnaient derrière moi. J’étais convaincue ne plus pouvoir vivre si, par malheur, j’écrasais un animal sauvage. Le bruit sourd des os écrasés sous les roues, la brutalité de cette douleur, l’odeur du sang mêlé de chair si je sortais pour voir si l’animal était encore vivant – parce que je le ferais, je m’arrêterais au cas où – me tueraient sûrement moi aussi, à petit feu.

Et pourtant, je ne voulais plus mourir à petit feu. À quelques mois de mon vingt-et-unième anniversaire, j’étais déjà à mi-chemin entre étudiante étrangère et immigrante, c’est-à-dire quelqu’un qui avait désormais une chance tangible de pouvoir s’inventer une nouvelle vie. Pendant vingt ans, j’avais réussi à ne pas mourir en France, et il fallait que je continue à réussir à ne pas mourir en Amérique. Pour cela, je devais vivre jusqu’au moment où je pourrais vivre sans revivre le destin qui, depuis la veille de mon quatrième anniversaire, m’avait liée au lapin sauvage mort de mort brutale cette nuit-là sur la route de montagne entre La Bourboule et La Tour d’Auvergne.

La veille de mon quatrième anniversaire, lorsque ce lapin avait traversé l’étroite route de montagne goudronnée entre La Bourboule et La Tour d’Auvergne, il n’avait d’autre endroit où se cacher que dans la décence de mon père, mais…

Les phares de sa nouvelle Citroën DS scindaient en son milieu une pinède épaisse et sombre. J’étais debout entre les sièges avant et la banquette arrière, et j’arquais mon cou vers l’avant pour mieux voir la vie sous des angles jamais vus auparavant.

Je vis le lapin au milieu de la route, paralysé dans le faisceau des phares.

J’ai crié pour alerter mon père, pour qu’il s’arrête.

Mais il a accéléré pour écraser le lapin, de façon délibérée.

Le bruit du meurtre résonna jusque dans mes propres os. Mes os, qui ne se tenaient plus droits dans la DS a la suspension si souple, furent également brisés.

“Pour ton déjeuner d’anniversaire,” dit mon père en reculant un peu la voiture, “un bon ragoût de lapin.”

Il descendit de la voiture et jeta le petit être ravagé dans le coffre. Son corps fit un bruit sourd à l’atterrissage. Et puis il y eu le bruit sec et violent du coffre que mon père referma.

La fiancée de mon père, assise devant à la droite de mon père, essuya le coin de mes lèvres avec son mouchoir en lin carré brodé main. Elle n’eut pas le temps de prévenir son futur mari, qui se rassit dans la mare de mon vomi.

« Pourquoi t’as fait ça ? » demanda-t-elle.

“C’est la petite,” répondit mon père, sèchement, “elle est trop sensible !”

Sa future femme lui rappela qu’il y avait une couverture de pique-nique dans le coffre. Il ressortit pour le récupérer. La couverture de laine, replète du sang du petit animal, ramassa la majeure partie de mon vomi.

“Ta future maman est un bijou de petite femme”, déclara mon père. “Ce mouchoir brodé main dont elle s’est servie pour te nettoyer la bouche était un cadeau de fiançailles. A cause de toi, elle va devoir le jeter, mais elle ne se plaint pas.”

Je savais que je devais dire oui, oui que j’avais de la chance de l’avoir pour ma nouvelle maman, bientôt. J’étais incapable de dire un mot, mais j’ai quand même hoché la tête pour bien montrer ma soumission dans la faible lumière de la cabine de la DS.

“Voilà, c’est bien”, me dit-il, serrant mes joues et mon menton dans l’étau de ses mains.

Ses mains, couvertes de sang, de chair et de fourrure, puaient l’inceste.

Ma mère n’a pas reconnu l’odeur quand elle m’a récupérée quelques jours après mon anniversaire, mais elle a hurlé en se tenant la bouche comme si j’étais devenue le fantôme qui vivait dans la maison derrière la ferme de ses parents. “Que s’est-il passé ?” demanda-t-elle. “Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ?”

Je ne pouvais pas lui dire ce que mon père avait fait pendant la sieste quelques heures avant la mort brutale. Je ne pouvais pas parler du tout. Mon œil gauche ne pouvait plus regarder personne dans les yeux. Quelques semaines plus tard, l’ophtalmologue me demanda si j’avais souffert d’un quelconque traumatisme qui aurait pu causer mon estropie. Ses mots ne me disaient rien. Les enfants, ça ne comprend pas, et ma mère ne savait pas puisque, par décret du tribunal, j’étais obligée de passer la moitié des vacances scolaires avec lui et sans elle. J’ai regardé par terre.

Le chirurgien força mon œil gauche à regarder aussi droit que possible. La perte de vision inexpliquée dans cet œil fut aussi quelque peu arrêtée par des verres correcteurs.

L’odeur de sang mêlée de chair et de poils qui me rappelait de garder l’inceste secret m’a accompagnée à l’autre bout du monde. C’était cette odeur qui me faisait conduire lentement, même lorsque les voitures klaxonnaient derrière moi.

Je scrutais les bords des routes américaines à la recherche de signes de brutalité. Je les ai trouvés. C’est ainsi que j’ai commencé à sauver des petits êtres qui n’avaient aucune chance. Je me suis arrêtée pour des oisillons, des oiseaux écrasés par des voitures mais toujours vivants quand je les trouvais, des chatons orphelins, des chats incendiés, des chiens désespérés, des cerfs coincés dans des clôtures, des vaches et des ânes oubliés, et tant d’autres.

Ils étaient moi, aussi.

Parfois, je pouvais nous sauver. Parfois je ne pouvais pas. Parfois, il y avait des gens qui nous aidaient, mais parfois nous étions seuls.

Trois décennies de sauvetages occasionnels mais persistants se sont accumulés en une montagne de savoir-faire. Ces sauvetages de petits êtres sans défenses sont devenus ma grâce salvatrice.

L’heure sonna, enfin. Je pris l’enfant de quatre ans que j’étais sous mon aile d’adulte. Ensemble, on acheta un billet d’avion pour notre anniversaire, direction le

père.

On le coinça derrière le bloc de boucher de sa cuisine en lui disant qu’on se souvenait clairement de tout. Il a nié tout acte répréhensible.

Mais tous nos actes de sauvetage nous avaient appris que la plupart des agresseurs nieront leurs méfaits jusqu’à la mort. On traita le père de lâche en lui crachant à la figure. Il nous traita de folles, mais on avait l’habitude de ce genre de réaction de la part de ceux qui font du mal aux animaux. Nous avions appris à tenir bon. Il ne pouvait plus nous faire de mal. Il ne pouvait pas non plus nous dissuader de continuer à sauver ceux qui étaient laissés pour morts, y compris nous-mêmes.

Maintenant, on nourrit et on abreuve des lapins sauvages et leurs bébés. On les regarde boire et manger depuis la fenêtre de notre chambre, et on s’exprime véritablement, avec une détermination d’acier, et en gardant les yeux grands ouverts.

Published in English in Tangled Locks Journal on September 20, 2021

Fiction · Francais · Memoir

Le Jardin du Mépris

Cher père, 

Tu méprises ta propre fille, et ça me désole. Je te souhaite quand même santé et bonheur et un anniversaire merveilleux dans ton Jardin du Mépris pour moi !   Tu as énormément travaillé pour en faire un espace luxuriant, alors tu mérites de pouvoir d’en profiter ! 

Au fait, ta propriétaire m’a appelée hier alors que je faisais la queue pour acheter un timbre international pour poster ta carte de quatre-vingt-cinquième anniversaire. Son coup de fil m’a surprise car tu m’avais laissé croire que c’était toi qui détenais le titre de propriété. Mais elle m’a expliqué que les parcelles dans le Jardin du Mépris pour ses propres enfants ne peuvent que se louer à vie, pas s’acheter. Elle m’a également dit que tu avais contracté énormément de dettes sur ce terrain. C’est une somme énorme que je ne peux régler pour toi. Elle m’a assuré qu’après ta mort personne ne viendrait frapper à ma porte. Ça m’a soulagée car je ne suis pas responsable de cette dette que tu as contractée avec un terrain qui ne t’appartenait pas en contrepartie. Et puis elle a voulu savoir si je désirais t’acheter un cadeau d’adieu.  Je ne savais pas, et je lui ai dit que, de toute façon, tu n’avais jamais apprécié ce que j’avais à offrir, mais elle a coupé court à notre conversation. Elle était sur le point de rencontrer la nouvelle équipe de direction (elle vient de vendre son entreprise), mais avant de raccrocher, elle m’a fait promettre de me rendre jusqu’à l’entrée la plus proche du Jardin du Mépris et de demander à parler au Cerbère qui patrouille le périmètre de la parcelle que tu laboures depuis ma naissance. Elle m’a dit que ce n’était qu’à quelques minutes en voiture de chez moi. 

Là, j’ai commencé à douter.  Je me suis dit que la propriétaire était sûrement quelqu’un qui me faisait une farce. Pourtant, en un clin d’œil et sans que je me souvienne des routes que j’avais empruntées, j’étais face au portail d’entrée. Il y avait une énorme pancarte qui disait « Jardin du Mépris – Nouveaux Gérants ! » Je me suis rapprochée du portail en fer forgé et j’ai lu ce que disaient tous les petits signes. « Pas d’entrée ni de sortie sans paiement comptant. Remboursement obligatoire du montant total de vos dettes. Toute personne surprise en train de sauter la clôture sera électrocutée. »

Des milliers de parents allaient et venaient de façon frénétique. Ils parlaient l’américain et beaucoup d’autres langues, tout comme les gens ici à Los Angeles, mais ils avaient tous l’air affligé.  Il y avait aussi des taupinières un peu partout. Certains parents, à bout de souffle, sortaient la tête et hurlaient car le reste de leur corps était coincé dans les tunnels souterrains dont ils ne pouvaient plus s’extirper.  J’ai pensé que, puisque tu avais toujours craint de prendre l’avion, tu avais peut-être toi aussi creusé des milliers de kilomètres sous l’océan Atlantique et le continent nord-américain pour te rapprocher de moi.  Subitement terrorisée de faire un faux pas et de glisser en territoire hostile ou dans tes terrains de chasse français, je n’osai plus bouger. 

La concierge du Jardin du Mépris, qui ressemblait à ma mère, m’appela par mon prénom et commença à me parler en français, ce qui me ramena à la réalité. Je lui répétai, en anglais, ce que ta propriétaire m’avait dit. La concierge me demanda alors de la suivre dans son bureau, qui était minuscule mais fraîchement enduit à la chaux et qui ressemblait étrangement à l’appartement dans lequel j’avais grandi avec ma mère (cette garce). J’ai commencé à expliquer que tu essaierais de convaincre les nouveaux dirigeants d’annuler ta dette (ma mère était méprisable, moi aussi, ta nouvelle femme pourrait en témoigner, et tu avais bien payé la pension alimentaire établie par le tribunal), mais le Cerbère arriva avant que je puisse m’attarder sur tes compétences incomparables en matière de manipulation et sur tes antécédents d’évasion fiscale et de fausses déclarations de revenus.

« Alors, tu veux acheter un cadeau d’adieu à ton père ? » demanda le chien à trois têtes. Il me regardait à travers la fenêtre du bureau. J’ai compris qu’il devait rester dehors sinon son envergure aurait fendu les poutres du toit. Je suis donc sortie le voir. Il m’a expliqué que je pouvais acheter un gâteau d’anniversaire de fin de vie d’une valeur de 20 €.  Un billet de 20 $ ferait l’affaire puisque les euros et les dollars étaient maintenant presque à parité.  Il m’a rappelé que, 20 €, c’était le montant, converti d’anciens francs en euros et ajusté sur l’inflation, que tu avais versé en pension alimentaire chaque mois jusqu’à mon dix-huitième anniversaire alors que toi et ta nouvelle femme viviez dans une maison d’architecte neuve et imposante pour bien refléter ton statut social.

J’ai acheté un gâteau d’adieu et j’ai choisi une décoration de crème fouettée biologique. Le Cerbère vous accueillera en personne la prochaine fois que vous viendrez, ce qui devrait être bientôt. Quant à ta femme, qui pousse maintenant ton fauteuil roulant dans les allées du Jardin du Mépris, ne t’inquiète pas pour elle. Le Cerbère m’a assurée que le gâteau serait assez gros pour deux personnes.

Published in English by Literally Stories on April 28.

English · Essay · Memoir

On Near Death Experiences and IANDS

On February 8, 2023, I attended a webinar hosted by International Association for Near-Death Studies (IANDS). This was my first time attending an IANDS webinar. What took me so long? Even if you haven’t experienced a Near-Death Experience (NDE), you will benefit from the depth and breadth of information from IANDS’ forty years of delving into human consciousness at the limits of life and death. It is at those moments that we come face-to-face with essential questions such as “Why are were here?”

I was a member of IANDS in the past, but I had somehow let my subscription lapse. Thankfully, at the beginning of the year, they reached out to me via email to advertise both their 2023 conference in Arlington, VA, and their upcoming webinars.

My most recent visit to France in November 2022 profoundly affected me and I’d been mulling over the meaning of my life’s journey and the role that my two near-death experiences had played in it. I simply would not be alive today without them. And I’m not saying that lightly. So, I took IANDS’ reaching out to me via email as a call to action and did two things:

  • I submitted a proposal for the IANDS conference whose theme is HAS YOUR NDE OR RELATED EXPERIENCE INSPIRED YOU INTO A NEW WAY OF BEING IN THE WORLD? Whether or not my proposal is accepted, I’m grateful to have taken it to heart as the questions that I had to answer helped me formulate what I need to write about.
  • I attended the webinar titled WHY ARE WE HERE? hosted by Janice Holden, EdD, and featuring author Sandi Taranto who wrote Dandelion Child.

I’m grateful to Sandi for sharing her experiences. She suffered horrific abuse in the foster system and has powerful things to say about the meaning of life and the role of her NDEs in her own life. I’m also grateful to her for raising the following three important points:

  • The memory of the NDE doesn’t change, but our interpretation of it does.
  • The problem comes when you describe to others what you experienced during an NDE.
  • The problem is not just one of word inadequacy but resides within the narrative structure.

Thank you to all the people involved in IANDS from the start! I found my tribe!

Photo by Diana Orey on Unsplash

English · Essay · Memoir

Vision Corrections

My stepmother informed me by email that my father was in critical condition after a fall occasioned by a stroke. He is in his eighties. Sorrow did not overtake me. This is not a Hallmark card.

The week prior to his fall, my father had called me in the middle of the night to hurl raging insults at me. Seriously. Barely hello. I was a monster, evil, the worst piece of this and that, etc., spiked up in hateful expletives — in French.

He doesn’t do that often, not even once a year. The problem was that, on that first night of October 2022 when my cell rang, I felt utterly defenseless. I had been sound asleep, farther into safety than the Atlantic Ocean and the entire North American continent. A daughter made
new by exile. In that state, I had no need for psychological defenses.

Before I could even think of hanging up on him, he had done much damage.

Much like a dictator does, or a recent US president.

Within minutes, my left eye was in pain. I experienced sudden vision loss like when I was four. Or six. I couldn’t remember exactly. I told my optometrist, who told me that the link between trauma and vision was now well-established and who explained that the sight difference between my left and right eyes was now so large that my brain had difficulty balancing the two extremes.

I did not expect that my father would still have the power to damage my body. I pondered what I had written in my essay, Revenge Savings. I decided enough was enough and booked a flight from Los Angeles to Bordeaux.

When I arrived, my father was up and walking about. His wife lifted his shirt to show me that his back was still purplish-black from the fall. I told him that I was losing my vision in my left eye, just like when he was going to make me love me since my mother would not when I was four, or six, no five, maybe, at the time when he and his new wife were getting engaged.

No end-of-life apologies for me but I did not back down. I went for the metaphorical kill. I even managed to, in real-time, point out his reactions. Reactions that “perpetrators of wrongdoing, particularly sexual offenders, may display in response to being held accountable for their behavior,” Reactions which can be summed up as Deny, Attack, and Reverse Victim and Offender.

On the day of my departure, I stopped by his house one last time. My father refused to come out of his bedroom. His enabling wife said that he wasn’t feeling well. She would not allow me into his room out of concern for his health.

Cowardice!

The vision loss in my left has now stabilized. I do hope that this healing sticks.

English · Essay · Memoir

Secrets of WWII 

I recently visited Secrets of WWII at the Reagan Library There, I explored “over a hundred rare and unique stories and hundreds of artifacts” that were “not even made public until recently.” Particularly touching to me were the panels dedicated to the horses, birds, and dogs who had been forced into the war. What I saw and read, however, felt somewhat removed from my personal life experience until I happened upon a glass case that contained a German helmet and a telephone that the Germans used to communicate.

“They forgot the Waffen SS boots,” my grandmother and I thought. « Les bottes noires des boches, tu les vois ? »

My grandmother Marinette, deceased for three decades, was standing with me by that glass case, asking me, in French, if I could see the black boots. No longer was I standing in the lower level of the Reagan Library in 2022: Marinette and I were both frozen in dread in the cellar of the family live-in store in the early seventies in a remote village of the Auvergne region of France.

Marinette suffered from then-undiagnosed PTSD, the result of her active role in the French Resistance. For her, WWII had never ended, and to hide us both from the Nazis, she would rush me down to the cellar throughout my youth and well into the early eighties. From the diminutive, street-level rectangular window, she could still see the dreaded boots march by the store.

My maternal grandparents Marius and Marinette were both members of the French Resistance. Records about their service are archived in the French Defense Historical Service in Vincennes, near Paris. They had put themselves in grave danger, and many of their friends had died. Marinette’s closest cousin Yvonne, also a Resistance member, had been caught and deported. She miraculously survived Ravensbrück from August 1944 until May 1955. Here is a link to a short story that I wrote about Yvonne https://thecentifictionist.home.blog/2021/05/10/yvonnes-parakeets/

 My maternal grandparents also raised me for the first few years of my life starting in the mid-sixties. Twenty years after the end of WWII, they still lived and worked in the same tailoring shop in the village’s main square by the 12th-century church. Their trusted friends from their time in the Resistance continued to stop by to reminisce around homemade pastries and tart cherry liquor. They told stories high in color in patois Auvergnat, which is a local dialect of the Occitan language, the language of the French peasantry. My grandfather, who hailed from the south of France (an area with a different dialect of Occitan) was not as fluent in patois Auvergnat as his wife and fellow résistants, so he’d switch to his southern-accented French when the actions recounted required words said in rapid-fire.  

My grandmother was especially vocal about les collabos. Those people were either supporting or full members of La Milice, which was a paramilitary organization created in January 1943 by the collaborationist French government to combat la Résistance. Those were people she had also grown up with. They were even more dangerous than les boches, she said, because you were prone to assume that you could trust them, but you could not.

Silent dread set in once their résistant friends left. My grandparents would usually drown themselves in work, then, while I often went up to the attic to scrutinize the remnant of the bleach-resistant blood stains on the unpolished pine floorboards. The attic was where they had hidden wounded résistants and British paratroopers. Tonton Mabrut, head of the resistance for the region and a medical doctor by profession, would sneak in under cover of night to remove exploding bullets from mangled limbs. My grandmother was the one to assist in the operations because my grandfather would faint at the sight of blood.

Once my grandparents retired, they sold the store to move into a brand-new house. Perhaps they hoped that the physical move could make them new also, that it could remove their dread and even the painful parts of the lives that they had lived so far. I took it a step further and moved to America. But dread takes more than relocation to dislodge.

English · Essay · Memoir

What’s a Monarch Got to Do With It?

Queen Elizabeth II died a few days ago. I am not British and do not like the monarchy as an institution, and yet the queen’s image has been one of the watermarks that has shaped the landscape of my life.

When I was born in France, she was already queen across the Channel. By the time I was a teenager, her son, now king, was already hunting with hounds on horseback, and his mother let him do it. I remember seeing photos in the newspapers and thinking that there was no difference between the English and the French nobility. I liked neither. I did not like hunters, period. For that reason, I also did not like French President Valery Giscard d’Estaing, an avid hunter. While still in high school, I concluded that there was no difference between aristocracy and republicanism as both their respective representatives showed off their power by romanticizing ritualized violence against those with limited to no means of defending themselves.

I was myself a misguided romantic when I moved to the USA, however. In middle and high school, when I started learning English as a foreign language, people of the Commonwealth were still called British subjects. I knew with certainty that I would not move anywhere that would require me to become the subject of any queen or king, so I chose the United States of America as my terrain of exile. And to those who tried to oppose my move, I would say that everyone in the USA was naturally good and courageous enough to crush the forces of evil so prevalent in the old world. What’s strange is that I was a good student, one who had already learned in books that I was wrong, and yet I couldn’t stop myself. I had to believe that there was a Good God in the USA.

I’m older now. I’ve traveled out of the old world, and I’ve also traveled out of the new world, both literally and figuratively. Here is the conclusion I have reached:

Is there a monarch out there, anywhere, who can ritualize genuine kindness towards the earth and all its lifeforms? Is there a monarch out there who will steadfastly brandish that torch and keep it lighted as we blow life into our dying earth? To that one, I will bow.

Announcement · English · Memoir

From “Revenge Savings” to “Breaking the Ties That Bind”

My parents, who split up before my first birthday, hated each other with a passion and disagreed on everything except on one matter of importance: that I should never have been born. My father told me that it would have been better for me. My mother told me that it would have been better for her. I believed them both. It is not that surprising, then, that, around the time of my sixteenth birthday, I became paralyzed and nearly died. I did go to the threshold where you can no longer return to your body, and I stayed there a while pondering my future. I understood that if I kept traveling farther from the hospital room in which I lay, however, my new life would be worse than if I returned to live on as the kid who should never have been born, so I grudgingly reintegrated my quarters. During my out of body trip, I also learned that I was supposed to figure out what I had come to do in life and do it, but I was clueless about how to proceed with my newfound mission.

I learned that both my parents were wrong: my life was not in error. I also learned that I was supposed to figure out what I had come to do in life and do it. At sixteen, however, I was clueless about how to proceed with my newfound mission. How was I going to learn how to want to remain alive long enough to figure out what I had come to do in life and do it? It would take over a decade to find the answer to my question. “Breaking the Ties That Bind,” my newest creative nonfiction story [Mothership — Talon Review Volume 2 Issue 6], explores that moment when an unexpected, horrifying confrontation with a transgenerational monster becomes the catalyst that allows me to envision the meaning of the rest of my life.

“Breaking the Ties That Bind” started its story life with fewer than three hundred words and was promptly rejected by a couple of magazines that publish short shorts. The story grew to a respectable 1,500 words, but I was still hesitant to send it out to publishers. The subject matter – fighting an intergenerational matrilineal monster – was taboo. But then again, I had already published “Revenge Savings” which is about another taboo subject in Tangled Locks Journal. Since Teresa Berkowitz, the publisher, had steadily boosted my confidence while helping me develop an online presence, I had learned to trust her editorial input. With the help of Teresa’s editorial feedback, “Breaking the Ties That Bind” found a permanent home in Mothership — Volume 3, Issue 6 of The Talon Review.

Much gratitude also to the editorial team at UNF’s The Talon Review. “Breaking the Ties That Bind” found its perfect home!

Announcement · English · Fiction · Memoir

A Toast to Digestive Health and to a Fantastic Editor

For half a year now, I have been suffering from often painful digestive health problems. I thought that perhaps I had done all the digestion I could do in one lifetime both physically and metaphorically speaking. And yet, to keep on living, I had to keep on digesting, so how would I do that?

One day, the thought occurred to me that I would need to split my digesting into two parts: the French part and the American part. My problem seemed more manageable that way. Here is what I would do: draw two circles in white chalk on a blackboard. The circle to the left would be smaller than the circle to the right because I only had about twenty years of French living versus thirty-five plus years of American living.

I drew the circles from left to right because I had learned to write from left to right and because I had assimilated the arbitrary construct that time traveled from left to right. I would digest my binational living from the oblong area where both circles intersected. With my piece of white chalk, I started highlighting that area of intersection so it would look like a cloud because I felt at ease on planes above clouds and, on land, I did some of my best thinking with no roof above my head.

Almost imperceptibly, I had become the French sixth grader who loved her math class. I barely took the time to notice the inkwells on the neatly arranged wooden desks from which my classmates and I watched our teacher draw shapes and circles and letters and numbers. I had walked up to the blackboard and started drawing my cloud inside the oblong area of the two intersecting circles that symbolized my life. The chalk dust made me sneeze.

My teacher, Monsieur Raoul, had stepped to the side and was waiting for me to finish. I did not get scared when he called me to the blackboard to solve a math problem, but now I was, and I froze. I was too close to the board. I could no longer see the circles for what they represented, and the cloud I was drawing seemed like a ridiculous thing to do in a math class. I was failing the exercise.

Somehow, I retreated forward to the present time, but outside of the larger circle that should have represented my American life. I was back on my couch in the suburbs of Los Angeles with a roof over my head and no clouds in sight. My two dogs were asleep next to me. It became suddenly clear that figuring out what was going on at the intersection of my binational life was a futile exercise, at least for now. Instead, I thought of focusing on the single thread that ran through all my splits at the seams: dogs. My love of my canine family members and their love for me will be the subject of a future post.

2021 was a good year for my published work. For now, I am trying to close the door to the year 2021 as elegantly and productively as I can. During the first week of 2022, I learned that a very short fiction piece I had written last year will be anthologized by Poets’ Choice, an Indian publisher based in Mumbai, but two of the stories I wrote last year are still looking for a home.

Because I have been unusually exhausted for the last few months, I feared that I may not have the energy to keep writing in 2022. That was a depressing thought. I needed help, but I did not know how to articulate the type of help I needed regarding the future of my writing. Thankfully, I did remember how empowering and joyful it had been to work with Teresa Berkowitz, the editor of Tangled Locks Journal, and I reached out to her.

In the fall of 2021, I had the especially good fortune to have my short memoir, “Revenge Savings,” published by Tangled Locks Journal. Teresa is extremely supportive of my writing so I sent her my 2021 unpublished fiction and creative nonfiction for developmental feedback. Tangled Locks Journal has launched services to support writers including developmental editing and promotion.

I have been lucky to study and work with gifted English professors, but Teresa is truly the best editor I have met for both fiction and creative nonfiction, and she also works at baffling speed. Best of all, Teresa once again boosted my confidence. Her detailed feedback is also allowing me to reflect on the type of writing I want to pursue next.

I am welcoming in 2022 with renewed energy and, health permitting, I will be writing a short memoir this year.